Entretien avec Anaïs Girod, fondatrice de Gramica

    0
    507

    Vous venez de créer une régie spécialisée dans le digital, Gramica. Pouvez-vous nous retracer votre parcours et les raisons qui vous ont amené à lancer cette activité ? 

    Après une école de commerce à l’ISC Paris, j’ai rejoint Advideum en 2012 en tant que Responsable Programmatique afin de monter la cellule programmatique. Le programmatique vidéo était à ses débuts, j’ai appris énormément sur l’environnement et le marché. Je commençais à m’intéresser aux marchés africains et je me suis prise de passion. Quatre ans après, j’ai décidé de voler de mes propres ailes et de créer une régie publicitaire spécialisée sur l’Afrique francophone. 

    Plus précisément, quel est votre périmètre d’activité et comment voyez-vous votre rôle à l’égard des éditeurs mais aussi des annonceurs et des agences de publicité ? 

    Gramica est une régie publicitaire spécialisée sur l’Afrique francophone, nous représentons à date plus de 100 sites premium.
    Notre rôle est de leur apporter des budgets publicitaires qu’ils n’auraient pas eu sans notre force commerciale, soit parce qu’ils ne disposent pas de technologies adéquates, soit parce qu’ils ne sont pas visibles à l’international, soit parce que ce n’est pas leur métier (ils sont journalistes avant tout).
    Nous proposons l’ensemble des formats publicitaires Display (bannières, habillage, native) et Vidéo (InStream, InRead, InBanner) sur desktop et mobile ce qui permet aux éditeurs d’avoir un seul point de contact pour toutes leurs problématiques de monétisation.
    Nous utilisons Smart AdServer en full stack (AdServer et SSP) pour optimiser chaque impression publicitaire en direct et programmatique. La publicité est la source de revenu principal des éditeurs, nous devons la rendre qualitative (créa vérifiée avant chaque mise en ligne) et rentable.
    Les AdBlocks ne sont pas aussi présents qu’en Europe et pour que cette situation continue nous faisons attentions aux nombres de publicités et aux types de formats, nous évitons au maximum les formats intrusifs.

    Nous sommes en relation directe avec les annonceurs et les agences de publicité afin de leur montrer la richesse des sites internet, des internautes et de l’écosystème internet africain. Les budgets publicitaires en Afrique francophone sont pour l’instant minimes (-1% des budgets publicitaires mondiaux) car il n’y avait pas d’offres en retour, excepté les réseaux sociaux et Google.
    Désormais, ils peuvent se tourner vers Gramica pour tous leurs achats d’espaces, il s’agit donc de créer de nouvelles enveloppes budgétaires chez les annonceurs : acheter en digital des espaces publicitaires sur des sites africains.

    Notre mission première est de créer un dynamisme publicitaire dans la région pour que les budgets publicitaires soient plus conséquents.

    Gramica existe maintenant depuis 10 mois. Quel bilan faites-vous de vos premiers mois d’activité ? 

    Notre premier objectif était de recruter des sites internet premium et en exclusivité afin de présenter une offre qualitative et cohérente aux agences et annonceurs. Nous sommes ravis de pouvoir déjà accompagner plus de 100 éditeurs prestigieux. Les annonceurs et agences sont à l’écoute de cette nouvelle offre sur un marché qu’ils exploitaient très peu, les budgets digitaux sur l’Afrique pour la plupart des annonceurs n’existaient pas et on voit chaque mois de nouveaux annonceurs qui nous font confiance. Les budgets publicitaires viennent du monde entier via les annonceurs internationaux mais nous avons aussi des budgets d’annonceurs locaux. L’offre est bien perçue par tous les acteurs du marché par sa simplicité et la qualité des sites.

    Le digital est en plein développement en Afrique sub-saharienne et les annonceurs utilisent plutôt les réseaux sociaux ou les services des influenceurs que les outils publicitaires digitaux.

    Que faudrait-il faire pour intéresser les annonceurs et développer cette activité ?

    Le taux de pénétration des réseaux sociaux en Afrique Subsaharienne et la facilité d’achat a poussé les annonceurs à investir massivement sur les réseaux sociaux.
    Avec Gramica nous arrivons avec une offre qualitatives (site professionnels), technologiques (Adserving, programmatique, visibilité, fiabilité) et diversifiée (formats publicitaires Display et Video), ce qui diffère des réseaux sociaux.

    Ainsi, Gramica devient complémentaire aux réseaux sociaux pour l’achat d’espaces publicitaires en Afrique.

     

    PARTAGER